Ouvertures est le premier épisode du jeu de la dame.

Synopsis

Paris 1967

L’épisode commence par une prolepse dans laquelle un employé d’hôtel éveille Beth Harmon, qui vient de passer la nuit avec Cleo, pour qu’elle aille jouer sa partie du tournoi de Paris contre Vasily Borgov.

Kentucky 1957

Alice Harmon se tue dans un accident de voiture auquel sa fille Beth survit (dans le livre, la mère de Beth n’est pas nommée et Beth n’est pas dans l’accident[1]). Son père étant inconnu, elle est transportée dans l’orphelinat de Methuen où elle est accueillie par la directrice, Helen Deardorff, qui lui présente le personnel, en particulier Mlle Lonsdale, en charge de la chapelle (avec un rôle accentué par rapport au livre). Elle y rencontre Jolene, une fille noire rebelle qui a peu de chances d’être adoptée, et devient son amie. Les pensionnaires reçoivent des gélules de la part de M. Fergussen ; l’une d’elle est un sédatif, le Librium, que Jolene conseille à Beth de garder pour le soir (dans le livre, Beth a l’idée elle-même[2]).

Beth se révèle très douée pour les mathématiques, ce en quoi elle tient de sa mère, qui a été mathématicienne à Cornell. Un jour qu’elle est envoyée nettoyer les brosses du tableau au sous-sol, elle y rencontre M. Shaibel qui étudie des parties d’échecs.

La position suivante est visible, sans doute obtenue après 1.d4 d5 2.c4 e6 4.♘c3 ♘f6 5.♗g5 ♗e7 6.♗xf6 ♗xf6 :

Partie étudiée par Shaibel après 6…♗xf6

Shaibel joue ensuite 7.♘f3, suivant la partie écrite dans un livre. Du point de vue de la narration, on peut remarquer que l’ouverture est un gambit dame (1.d4 d5 2.c4), celle qui donne son nom à la série en version originale (The Queen’s Gambit).

Beth apprend les règles du jeu en observant M. Shaibel déplacer les pièces, comme l’avait fait en son temps le joueur américain Paul Morphy, un des modèles du personnage. Elle visualise les coups au plafond du dortoir sous l’effet du Librium. Shaibel finit par accepter de jouer contre elle. Leur première partie se conclut par le mat du berger.

1.e4 e5 2.♗c4 ♘c6 3.♕f3 ♘d4 4.♕xf7#

Shaibel-Harmon après 4.♕xf7#

Une défaite rapide que la plupart des débutants ont connue.

Les premiers coups de la deuxième partie, qui ne sont pas montrés à l’écran, conduisent à la position suivante :

Shaibel-Harmon après le troisième coup blanc

La partie continue 3…♕f6 4.♗d3 ♗g7?? 5.♗g5

Shaibel-Harmon après le troisième coup blanc

La dame noire n’a aucune case sur laquelle fuir. Beth joue donc 5…♕xf5 et Shaibel capture la dame par 6.♘xg5. Il oblige alors Beth à abandonner en renversant son roi, car après avoir perdu sa dame contre un fou, la défaite est certaine.

La routine continue au pensionnat. Beth continue de prendre son Librium et de visualiser l’échiquier au plafond du dortoir, puis rencontre à nouveau M. Shaibel au sous-sol. Cette fois, leur partie commence par 1.e4 e5 2.♘f3 ♘c6 (une façon très fréquente de commencer une partie, contrairement à ce que Beth a joué dans la partie précédente, suggérant qu’elle a progressé) et se conclut comme ci-dessous.

Shaibel-Harmon

1…f4 2.♘3g2 f3+ 3.♘e3 (si 3.♔b1, les noirs gagnent par 3…♖d1#, ce qui implique que les autres possibilités pour les blancs au coup précédent ne changent rien) 3…♗xe3 4.fxe3 f2 0-1 (les blancs abandonnent)

Beth joue très lentement ces derniers coups, une façon de montrer qu’elle se sait gagnante que l’on retrouvera par la suite.

Shaibel-Harmon

M. Shaibel se rend compte qu’il ne peut pas empêcher la promotion (transformation en pièce en arrivant sur la première rangée) du pion f2, ce qui donne aux noirs un énorme avantage, et applique donc sa propre leçon en abandonnant — non sans accuser Beth, qui n’a pourtant rien exprimé, de fanfaronner.

Comprenant que Beth est douée, Shaibel entreprend de lui montrer le défense sicilienne (1.e4 c5), l’une des ouvertures les plus utilisées en compétition. Il lui apprend aussi que « les cases ont des noms », en utilisant la notation descriptive en usage aux États-Unis à cette époque.

Par la suite, Shaibel montre à Beth la variante Levenfish de la Sicilienne Dragon (1.e4 c5 2.♘f3 d6 3.d4 cxd4 4.♘xd4 ♘f6 5.♘c3 g6 6.f4) :

Défense Sicilienne, Variante Levenfish

Un traitement agressif de cette ouverture que l’on retrouvera par la suite dans la répertoire de Beth adulte. Plus tard, Shaibel montre la variante Najdorf de la Sicilienne (1 e4 c5 2 ♘f3 d6 3 d4 cxd4 4 ♘xd4 ♘f6 5 ♘c3 a6) :

Défense Sicilienne, Variante Najdorf

La routine continue à l’orphelinat : Librium, vidéos éducatives et visions de flirts préfigurant la puberté, absence des cours dont le niveau est trop bas pour Beth. Shaibel montre ensuite l’ouverture éponyme, le gambit dame, mais c’est l’occasion d’une des rares erreurs échiquéennes de la série : d’après lui, cette ouverture s’obtient par 1.d4 (en réalité le début du pion dame) alors que pour obtenir le gambit dame, il faut en plus 1…d5 2.c4. Le passage correspondant du livre présente correctement le gambit dame[3].

Lors de leur rencontre suivante, Shaibel donne les blancs à Beth et annonce qu’à partir de ce moment, ils alterneront. La position suivante est visible :

Harmon-Shaibel

Beth gagne après 1.♕e8+ ♘ce7 (les autres coups possibles ne changent rien au coup suivant) 2.d5#. Shaibel lui donne alors un livre, Modern Chess openings (qui existe vraiment), que Beth étudie discrètement en classe.

Lors de la visite suivante de Beth, M. Ganz est dans la cave en compagnie de Shaibel. Le tirage au sort des couleurs donne les blancs à Beth, qui joue l’ouverture Réti, 1.♘f3 (dans le livre elle a d’abord les noirs, cette première partie du livre n’a pas été reprise dans la série[4]). Après un début coupé, vraisemblablement, 1… f5 2.e4 fxe4 3.♘e5 d5 4.d3 exd3 5.♗xd3, on voit Ganz jouer 5…♘c6 pour aboutir à la position suivante :

Harmon-Ganz après 5…♘c6

Beth annonce mat en trois coups : 6.♕h5+ g6 7.♗xg6+ hxg6 8.♕xg6#

Ganz donne une poupée à Beth, qui la jette à la première occasion et demande à rejouer aux échecs. Elle affronte ensuite les deux hommes en simultanée, qu’elle termine à l’aveugle. Harmon-Ganz suit la partie Réti-Tartakover de 1910 : 1.e4 c6 2.d4 d5 3.♘c3 dxe4 4.♘xe4 ♘f6 5.♕d3 e5

Harmon-Ganz après 5…e5

Beth joue 6.dxe5 et se lève. La partie continue par 6…♕a5+ 7.♗d2 ♕xe5 8.O-O-O ♘xe4 et Beth annonce mat en trois coups.

Harmon-Ganz après 8…♘xe4

9.♕d8+ ♔xd8 (forcé) 10.♗g5+ ♔c7 (ou 10…♔e8 11.♖d8#) 11.♗d8#

M. Ganz emmène ensuite Beth jouer une simultanée contre toute l’équipe du lycée Duncan. Celle-ci est perturbée car l’orphelinat cesse de donner des pilules vertes aux enfants. Jolene réussit cependant à lui en glisser trois. Beth gagne toutes ses parties et M. Ganz lui donne une boîte de chocolats.

Alors que les pensionnaires regardent La Tunique (1953). Beth tente de voler le bocal de pilules vertes, mais en consomme trop et s’effondre devant Mme Deardorff, plusieurs membres du personnel et bon nombre de ses camarades.

Liens externes

Notes et références

  1. Walter Tevis, The Queen’s Gambit, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 2016, p. 3.
  2. Walter Tevis, The Queen’s Gambit, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 2016, p. 6.
  3. Walter Tevis, The Queen’s Gambit, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 2016, p. 12.
  4. Walter Tevis, The Queen’s Gambit, Weidenfeld & Nicolson, Londres, 2016, p. 19.
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